| La vérité n'existe pas. Et si elle existait, elle serait fausse ! Opinons ! |
Publié le jeudi 6 avril 2006Jeudi 6 avril 2006 Le clash et le milieu Je ne voulais pas en parler. Je n’aime pas les modes. Les choses dont tout le monde parle. Les livres que tout le monde lit. Les films que tout le monde voit. Je n’aime pas. Mais, des fois, il faut se rendre à l’évidence. Les modes ne sont pas seulement des vagues colorées qui traversent notre temps sans laisser de marques. Elles sont aussi des signes, des manifestations d’une tendance. Je me dis donc, naïvement, que malgré leurs grandes différences, certains des mouvements mondiaux ne peuvent qu’être apparentés. Je m’explique. Il y a ces guerres injustifiées et injustifiables. Il y a ces manifestations à travers le monde entier. Et il y a ces grèves. Et il y a ces réactions violentes à des choses futiles, qui n’en valaient pas la peine (dépendamment de quel point de vue). D’abord le vécu. Grève étudiante au Québec. Assez longue. Des manifestations. Des assemblées générales. Une douce folie qui s’était emparée de nous. Et nous nous sommes rapidement imaginé rois et reines. Le gouvernement tombera. Les libéraux dehors. Nous sommes la jeunesse, l’espoir, le futur. La fin fut abrupte. Nous sommes tombés de loin. Nous sommes tombés des nues. Reste la beauté du geste. La spontanéité du mouvement. La jeunesse naïve et rêveuse. Et ailleurs dans le monde ? Des musulmans furieux manifestèrent violemment contre des caricatures jugées blasphématoires. Des drapeaux brûlés, des chants haineux. Même des morts. Pourquoi ? Est-ce le blasphème ou le ras de bol ? Et ailleurs dans le monde ? Des banlieusards français (même si on leur refuse cet adjectif) se réveillèrent un jour et brûlèrent des voitures. Ou du moins, c’est ce qu’on a essayé de nous vendre. La réalité est, bien entendu, très différente. Et s’ensuivirent des semaines de révolte. Des cris, des slogans, de la casse. Et des politiciens de s’expliquer devant les médias. C’est la religion. C’est la polygamie. C’est le sang qui coule dans leurs veines. Premier degré. Toujours du premier degré. Mais encore ? Des Français dits de souche refusent une réforme. Ils se réveillent un matin et décident de mener une grève. Ou du moins, c’est ce qu’on a essayé de nous vendre. La réalité est, bien entendu, très différente. Le contrat de première embauche. La pauvre jeunesse aux mains de vicieux capitalistes. Les pauvres contre les riches. Et Villepin de refuser toute négociation. Puis d’abdiquer. Et Sarkosy (dans « le bon, la brute et le truand », quel rôle aurait-il eu ?) de jouer aux opportunistes. Et la France de s’enflammer. Et ailleurs dans le monde ? On ne va quand même pas faire le tour du monde. Et alors ? Quel point commun entre tous ces actes ? La révolte. Le ras de bol. L’écoeurement. Mais encore ? Les riches et les pauvres. Le tiers-monde et le reste du monde. Les boss et les bossus. Le vrai clash ne sera pas un clash de civilisations. Ce ne sera pas un clash entre la gauche et la droite. Entre capitalistes et socialistes. Ou entre islamistes et penseurs libres. Ce sera un clash moins nuancé, moins subtil. Ce sera un clash féroce, impitoyable. Ce sera le clash entre riches et pauvres. C’est déjà un clash, d’ailleurs. Les riches et les pauvres. Une minorité dominante. Une majorité écrasée. Who do you belong to ? J’imagine déjà un président, d’un pays trop puissant, poser la question au monde. Who do you belong to ? Are you with us or against us ? Je n’ose répondre. Alors, je me tais. Cher Milieu, tu me manques. Il fut un temps où tu nous hébergeais allègrement. J’aimais ta compagnie. J’aimais la pensée que tu prêchais. J’aimais le vent qui te balayais. Le milieu. Ce cher beau milieu. Ce cher juste milieu. Qui disparaît. Qui disparaît. PUBLIÉ PAR onassis | le 2006-04-06 10:52:16Permalien | Ajouter un commentaire | |
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