La vérité n'existe pas. Et si elle existait, elle serait fausse !
Opinons !

Publi le samedi 22 avril 2006



Samedi 22 avril 2006

Palomita libre

Envie de rien faire. Envie de rien sentir. Envie du néant. Le néant et le vent. Et pas de lumière. Et, en guise de bruit, des vagues. De plus en plus grandes, qui s’écrasent sur un long mur millénaire. Je regarderai avec émerveillement, la pauvreté du paysage qui s’offrirait à moi. La pauvreté. Du paysage. J’aimerais être un paysage. Ou une statue. Mais pas vivre. Vivre est une tâche ardue. Vivre est un long périple. Vivre, c’est pour ceux qui ont la lumière infuse. Je n’ai pas de lumière infuse. J’ai mes doutes. J’ai ma tristesse. J’ai mon regard décalé. J’ai mes nuages qui cacheraient le plus conquérant des soleils. J’ai ma pluie qui gâche toute possibilité de chaleur. J’ai mon silence que gâchent des bruits inutiles. Bien sûr, on pense à la corde, à la bouteille de scotch bue du goulot, à l’arsenic, aux médicaments. Mais je ne suis pas l’anti-héros d’un film du samedi soir. Et puis, il y a la lâcheté. Et les larmes qui ne veulent sortir. Et le regret que je n’aurai pas, car je ne serai plus là. Mais, le regret quand même. Des enfants que j’aurais pu. Des livres. Des films. Des musiques. Des amis que je ne. De ma femme que je ne. Ne.

Et le clavier nous sauve. Comme nous aurait sauvé une plume, vingt ans plus tôt. Comme si on pouvait nous sauver. Je vous le dis aujourd’hui. Et que ça soit bien clair. Personne ne sauve personne. Rien ne sauve personne. Il y a la vie. Il y a ce long tunnel – comme avait dit Sabato – long et noir. Et il y a vous. Moi. Eux. Et paraîtrait-il qu’une lumière. Mais point de lumière. Sauf, si lumière infuse. Et toutes ses fleurs qui jaunissent, tous ces arbres qu’on coupe, tous ces marécages qu’on ne connaît pas, tous ces bébés nés malades, ne vous diront pas le contraire. Ni l’injustice. Ni les pays sous-développés. Ni les complots des compagnies pharmaceutiques. Rien ne vous dira, ni n’osera vous dire le contraire. Et je mélange tout. Et je saute du coq à l’âne. C’est mon dernier droit. Celui de sauter. Celui de mélanger. Et de tout vomir. J’aurais souhaité une nappe longue et blanche. J’aurais mieux vomi.

 

Et cette phrase qui me trotte dans la tête. Allure d’une fin de poème. Ou de chanson. Je n’en sais rien. D’où viens-tu ? Je n’en sais rien. Mais te voilà.

 

Y cuando se van las nubes

 

A mí , no me queda el cielo

 

A mi, me quedas tú

 

Me quedas tú

 

Et maintenant, tu ne m’appartiens plus. Palomita libre.

PUBLIÉ PAR onassis | le 2006-04-22 14:17:38
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